Ce matin, je me suis prêté à un petit jeu de recherche sur le site de la Conférence des Évêques de France. En haut du site figure une barre de recherche qui doit permettre d’aller à l’essentiel.
Je tape donc le mot « extraordinaire », histoire de voir : 32 résultats dont un seul concernant la forme extraordinaire du rite catholique romain. Le résultat est une définition du lexique, intitulée « Rites: ordinaire et extraordinaire ».
Et la définition est d’ailleurs croustillante :
Le rite ordinaire est celui qui a été instauré à la suite du Concile Vatican II et le rite extraordinaire est celui qui était en usage avant ce Concile.
Le 7 juillet 2007 le Pape Benoît XVI publie un «Motu proprio» sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970.
Comme à l’habitude, un savant mélange de méconnaissance historique et liturgique (voulue ?) et de désinformation (devenue) ordinaire.
On commence par assimiler le changement de forme liturgique à un fait historique, à l’œuvre du Concile Vatican II, sous-entendant que l’usage de la forme dite « extraordinaire » ne serait plus en vigueur (« était en usage avant » / « a été instauré »). Je résume : avant le Concile, messe rigide en latin dos au peuple, depuis le Concile, messe sympathique en français ouverte aux fidèles. Ce fameux « esprit du Concile » vient à nouveau d’être remis en question par un haut responsable de l’Église 1.
Puis on apprend que Benoît XVI publie un motu proprio « sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 », mais sans préciser le sens de ce motu proprio. Notons au passage qu’est à nouveau précisée l’antériorité de cette forme liturgique, au cas où l’internaute n’aurait pas compris qu’il faut maintenant passer à autre chose. On appréciera aussi le mot « réforme », dont on ne sait vraiment quoi penser…
Allons, allons ! Malgré la promulgation d’un nouveau missel par le pape Paul VI en 1970, la « forme extraordinaire » du rite romain, dite « messe tridentine », n’a jamais été abrogée dans l’Église catholique, ce qu’a confirmé le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI en juillet 2007. On ne peut donc qu’enjoindre nos bons évêques de France à rentrer dans le giron de la seule Église catholique romaine, à moins qu’ils ne lui préfèrent secrètement la réforme ?
À ce propos, quel mot apparaît 3540 fois sur ce même site de l’Église catholique ?
11 février 2011 à 10:18
Le 11 février 2011, on en est à 5180 résultats…