Le lendemain de la promotion de Bruno Frappat comme officier de l’Ordre National du Mérite, La Croix tente de faire une critique « culturelle » de Golgota Picnic… Le résultat est pour ainsi dire frappant. Lire la Suite »

L’ Archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall a publié le 10 novembre dernier sur son site un communiqué à propos du spectacle « Golgota picnic ». Le contenu, titré « De quel Dieu sommes-nous les disciples ? » est à la fois habile et volontairement démissionnaire. Lire la Suite »
Ce matin, je me suis prêté à un petit jeu de recherche sur le site de la Conférence des Évêques de France. En haut du site figure une barre de recherche qui doit permettre d’aller à l’essentiel.
Je tape donc le mot « extraordinaire », histoire de voir : 32 résultats dont un seul concernant la forme extraordinaire du rite catholique romain. Le résultat est une définition du lexique, intitulée « Rites: ordinaire et extraordinaire ».
Et la définition est d’ailleurs croustillante :
Le rite ordinaire est celui qui a été instauré à la suite du Concile Vatican II et le rite extraordinaire est celui qui était en usage avant ce Concile.
Le 7 juillet 2007 le Pape Benoît XVI publie un «Motu proprio» sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970.
Comme à l’habitude, un savant mélange de méconnaissance historique et liturgique (voulue ?) et de désinformation (devenue) ordinaire.
On commence par assimiler le changement de forme liturgique à un fait historique, à l’œuvre du Concile Vatican II, sous-entendant que l’usage de la forme dite « extraordinaire » ne serait plus en vigueur (« était en usage avant » / « a été instauré »). Je résume : avant le Concile, messe rigide en latin dos au peuple, depuis le Concile, messe sympathique en français ouverte aux fidèles. Ce fameux « esprit du Concile » vient à nouveau d’être remis en question par un haut responsable de l’Église 1.
Puis on apprend que Benoît XVI publie un motu proprio « sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 », mais sans préciser le sens de ce motu proprio. Notons au passage qu’est à nouveau précisée l’antériorité de cette forme liturgique, au cas où l’internaute n’aurait pas compris qu’il faut maintenant passer à autre chose. On appréciera aussi le mot « réforme », dont on ne sait vraiment quoi penser…
Allons, allons ! Malgré la promulgation d’un nouveau missel par le pape Paul VI en 1970, la « forme extraordinaire » du rite romain, dite « messe tridentine », n’a jamais été abrogée dans l’Église catholique, ce qu’a confirmé le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI en juillet 2007. On ne peut donc qu’enjoindre nos bons évêques de France à rentrer dans le giron de la seule Église catholique romaine, à moins qu’ils ne lui préfèrent secrètement la réforme ?
À ce propos, quel mot apparaît 3540 fois sur ce même site de l’Église catholique ?
Le président de la triste Conférence des Évêques de France vient malheureusement de faire un magnifique contre-exemple d’obéissance. Cardinal, évêque, mais prêtre tout de même grâce au sacrement de l’Ordre (vous avez bien lu !)
Résumons :
Le pape (Benoît XVI), successeur de Saint Pierre et à la tête de l’Église, décide de lever certaines excommunications. Cette décision n’appartient qu’à lui et bien-sûr, et tout le monde aura compris qu’il s’agit d’œuvrer dans le sens du retour à l’unité de l’Église (Une, Sainte, Catholique et Apostolique, pour ceux qui n’auraient pas suivi.)
Au sein de certaines fractions de l’Église catholique (notamment en France), des évêques font alors entendre des protestations, contestations et autres reniements certains et toujours pervers.
Le pape, fort peiné par cette incompréhension simulée (qui n’est autre qu’un profond désaccord doctrinal et vulgairement politique), décide alors d’écrire une lettre à tous les évêques faisant au passage un peu de pédagogie visiblement nécessaire (on en est là…)
Non content de cette humiliation inutile, Monseigneur Vingt-Trois en rajoute, se croyant obligé d’écrire au Pape en lui expliquant « combien de tels procédés (sic) sont néfastes et ruineux pour son projet de réconciliation ».
Non seulement l’emploi du terme « procédés » a vocation tendance à faire passer la pape pour un quelqu’un de malhonnête, mais bien plus, pour qui se prend-il, ce Monseigneur Vingt-Trois ??? On ne comprend pas bien dans quel rôle il se place pour donner des leçons au pape. Bel effort de Carême, en tout cas…
Plus loin, le même personnage nous explique même quels sont les propos importants ou non du pape. On croit rêver !
Monseigneur sera-t-il aussi persistant médiatiquement dans le combat en faveur de la vie ? La question reste ouverte.
Jean foyer nous a quitté hier, après une vie bien remplie.
Agrégé de Droit, avocat, haut fonctionnaire, parlementaire réélu pendant 29 ans, maire pendant 42 ans, plusieurs fois ministre, il est aussi un des pères de la constitution de la 5ème république. On lui doit entre autres la Cour de sûreté de l’Etat, la refonte du droit de la famille, du droit des patrimoines et des sociétés, la mise en place d’un régime du droit de la nationalité.
Outre sa vie politique, grand latiniste, Jean Foyer était passionné par le chant grégorien qu’il a découvert dans son enfance. A propos de cette manière de chanter, propre à la liturgie romaine et à l’Eglise d’Occident, il expliquera : « le chant grégorien n’est vraiment lui-même que dans les actions liturgiques, dans sa fonction, car il est une prière chantée ».
Jean Foyer était aussi un catholique fervent, désigné par le général de Gaulle pour représenter la France au concile de Vatican II. Il s’est beaucoup impliqué dans les débats sur le respect de la vie, mettant farouchement en garde lors du vote de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, en 1974, contre « une confusion entre dépénalisation et légitimation » de l’avortement.
Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, c’est lui qui y reçoit le Cardinal Ratzinger en 1992. Il se réjouira lors de sa récente visite en France (en tant que Pape, cette fois).
Voilà l’exemple d’un homme politique sans compromis. Qu’il repose en paix.

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